Avenir de l'AFPA : Charles Beauchamp alerte sur les conséquences des fermetures annoncées
La fermeture annoncée de 30 centres AFPA, dont ceux de Cantin, Laon, Roubaix et Maubeuge, menace la formation des publics éloignés de l'emploi. Dans une lettre ouverte au Préfet, Charles Beauchamp alerte sur les conséquences de ce plan social pour notre territoire.

Monsieur le Préfet,
La direction générale de l'Agence nationale pour la formation professionnelle des adultes projette de fermer 30 centres de formation sur les 142 existants. Une décision qui laisse envisager près de 1.000 suppressions de postes, sur 5.700. Ce plan social fait suite à celui de 2018, où 1.900 postes avaient déjà été supprimés.
Parmi les sites concernés dans notre région, on retrouve les centres AFPA de Laon, Roubaix, Maubeuge et Cantin qui seraient définitivement fermés. Plusieurs dizaines de postes seraient supprimés dans les Hauts-de-France, dont plus de 50 à Cantin.
Ces décisions vont impacter la population et le territoire de notre département. Or, la formation des publics très éloignés de l'emploi constitue une mission majeure de l'AFPA et ce public est particulièrement nombreux dans notre territoire. Faut-il rappeler que le Nord compte plus de 94.000 allocataires du RSA.
Alors que la formation est plus nécessaire que jamais, la casse de l'AFPA est à l'œuvre depuis deux décennies déjà. Sous l'impulsion des règles de l'Union Européenne, le marché de la formation s'est ouvert à la concurrence à la fin des années 2000, privant l'AFPA de ses subventions publiques directes et la plongeant dans une crise financière. Pour tenter de la sauver, la loi Rebsamen de 2015 a transformé l'AFPA en établissement public à caractère industriel et commercial, lui permettant de conserver des financements de l'État pour ses missions de service public. Avec pour résultat la situation actuelle... Et ce malgré les alertes répétées de syndicalistes concernant les risques qui pesaient sur certains centres, dont celui de Cantin. J'ai été convié en février 2025 à l'AFPA de Cantin, au Village des Solutions. Je m'aperçois aujourd'hui que cette opération n'était qu'une opération d'enfumage.
Toujours à Cantin, plusieurs actions à l'initiative du syndicat CGT et du Collectif de Défense et de Redéveloppement des Services Publics du Douaisis ont alerté sur les risques de fermeture du centre. Une pétition rassemblant plus de 7.000 personnes, dont des élus de gauche, vous a été remise en mai dernier ainsi qu'à Monsieur le Préfet du Pas-de-Calais. Cette catastrophe n'est donc ni nouvelle ni surprenante.
Une nouvelle fois, on assiste à une attaque de grande ampleur contre un service public. La fermeture de centres AFPA va renforcer le rôle et l'aubaine financière pour les organismes privés de formation, ce qui est inadmissible. Ce n'est pas une décision technique mais hautement politique. Moi et mes amis politiques défendons l'idée d'un service public de la formation professionnelle, d'où les intérêts privés sont exclus et qui accueille sans conditions tous les publics sans se poser la question de la rentabilité. C'est l'une des missions de la République que de garantir le droit à la formation.
Monsieur le Préfet, je sollicite votre intervention auprès du gouvernement afin qu'il s'empare du sujet et débloque les moyens nécessaires pour assurer la pérennité de l'AFPA et de tous ses centres de formation.
Je vous prie d'agréer, Monsieur le Préfet, l'expression de ma considération.
Charles BEAUCHAMP
Président du Groupe Communiste et Républicain,
Pour l'Humain d'abord !
