Méga canal, giga scandale !
En 1867, Karl Marx écrivait : "Le capital épuise deux choses : les travailleurs et la nature". Face au projet de méga-canal, la mobilisation citoyenne du 9 au 12 juillet rappelle que d'autres choix sont possibles.

En 1867, Karl Marx écrivait : "Le capital épuise deux choses : les travailleurs et la nature".
Alors que les crises sanitaires succèdent aux catastrophes climatiques, aux massacres militaires et aux scandales politiques, alors que la dette sert de prétexte à toutes les attaques, notamment budgétaires, contre la culture, l'hôpital et l'école publique, voici que l'État, appuyé par l'Europe du capital et de Maastricht, relayé par des collectivités territoriales toutes à droite et ultralibérales, décide de la construction d'un méga-canal destiné à faciliter les échanges fluviaux entre le bassin parisien et l'Europe du Nord : en clair, un canal qui joue pour Rotterdam, contre Le Havre !
En dépit des enjeux humains, écologiques et économiques mis en exergue par des études indépendantes, tous les relais du capital et autres adeptes du libre-échange et du libéralisme débridé poursuivent leurs tribulations en nous imposant l'indécente construction d'un méga-canal destiné à accueillir des méga-péniches reliant les réseaux de canaux du bassin parisien, du Nord, du Pas-de-Calais et du Benelux. Le coût de ce canal, initialement estimé à plus ou moins 5 milliards d'euros, s'avère déjà facturé à plus de 10 milliards d'euros.
Pourtant, un peuple de jeunes citoyen·ne·s, concerné·e·s, informé·e·s et engagé·e·s, n'entend pas se laisser faire : du 9 au 12 juillet derniers, des milliers de militant·e·s se sont réuni·e·s dans le Nord, près de chez nous, à Villers-au-Tertre, sur un village éphémère, avec un point d'orgue le samedi 11, pour organiser une manifestation dont l'objectif était, d'une part, de dénoncer ce projet et ses dérives et, d'autre part, de proposer des alternatives respectueuses de l'Humanité et de la nature, avec notamment la réhabilitation du réseau fluvial existant, la relance des lignes ferroviaires, la préservation et le développement des emplois de la batellerie locale et du fret, ainsi que le maintien d'une paysannerie respectueuse de la nature.
Nous n'avons pas besoin de ce canal imaginé pour enrichir les milliardaires à l'origine, et à l'œuvre pour la réalisation et l'exploitation de ce projet, dans la perspective du développement d'un commerce mondialisé.
Au niveau local, depuis 2014, notre camarade, élu communiste au conseil municipal de Cambrai et siégeant à la communauté d'agglomération de Cambrai, n'a cessé d'alerter sur le cataclysme écologique et les autres désastres économiques de ce projet pharaonique, déconnecté des réalités sociales et humaines vécues.
Au niveau national, avec son ambitieux Plan Climat "Empreinte 2050", le Parti communiste français propose d'autres orientations démocratiques dont nous devons nous emparer pour rejeter d'aussi dangereuses inepties que ce projet de méga-canal, indécent pour les populations et gravissime pour l'Humanité.
En 1946, Ambroise Croizat, père de la Sécurité sociale, déclarait : "Il n'y a pas de politique efficace sans l'accompagnement d'un peuple vigilant." À nous de jouer.
