Campagnes 26 octobre 2026 Les communistes d'Avesnes-les-Aubert

Une histoire d'école : comment les Betteraviers d'Avesnes-les-Aubert ont défendu l'éducation et la culture

Le projet d'une nouvelle école accueillante et aux normes à Avesnes-les-Aubert est une bonne nouvelle pour l'école publique. L'occasion de relire l'histoire de l'école Joliot-Curie, née en 1961 d'une grève générale des parents d'élèves menée par les Betteraviers.

Une histoire d'école : comment les Betteraviers d'Avesnes-les-Aubert ont défendu l'éducation et la culture

Toute amélioration pour l'école publique est un progrès pour l'ensemble de la population. On ne peut donc que se réjouir du projet de construction, à Avesnes-les-Aubert, d'une nouvelle école accueillante, répondant aux normes de sécurité, adaptée notamment aux changements climatiques.

Mais voyons ici l'historique de l'école Joliot-Curie. La municipalité communiste d'Avesnes-les-Aubert avait enfin obtenu la création d'un Collège d'Enseignement Général (CEG) pour la rentrée de 1959. À l'époque, la majorité des Avesnois·es travaillaient soit dans les tissages, soit à Usinor. En outre, beaucoup d'entre eux·elles partaient pour de longs mois faire la campagne des betteraves. Ils et elles travaillaient dur, très dur ! Ils et elles voulaient autre chose pour leurs enfants : un meilleur travail, l'accès aux savoirs, à la culture : vivre les jours heureux !

Donc, dès la rentrée 1959, si les professeur·es nouvellement nommé·es étaient là, si les élèves étaient là, le bâtiment promis n'y était pas. Les élèves du collège venant d'Avesnes-les-Aubert et des environs furent logés dans l'école élémentaire de garçons, située derrière la mairie, et les classes du primaire furent dispersées dans toute la commune, dont une vieille bâtisse rue Waldeck-Rousseau, au-dessus de la perception, dans la salle des fêtes, etc.

Cette situation intolérable ne pouvait plus durer ! Après plusieurs réunions à l'initiative des élu·es, dont Marcel Danjou et Georges Cacheux, avec les parents d'élèves et les enseignant·es, toutes et tous décidèrent d'une grève générale ! Plus un enfant ne devait franchir les portes des écoles ! Ni au collège, ni dans les écoles primaires, filles et garçons, ni en maternelle. Ainsi, en avril 1960, tous les parents, solidaires, gardèrent les enfants chez eux. Et cette grève, assidûment suivie, eut un retentissement considérable, régional, voire national, les journalistes étant là chaque jour. Tous les matins, on comptait les élèves : un seul était présent, chaque jour le même !

La grève générale ne cessa qu'après plus d'un mois, au terme d'une lutte homérique, sur la promesse effective du ministère de la Construction d'un nouveau bâtiment. C'est pourquoi le collège put enfin être inauguré à la rentrée 1961, tel le fruit d'une mobilisation unitaire des élu·es, des parents, des enseignant·es et de toute la population.

Ce collège reçut le nom de Joliot-Curie en hommage au couple d'enseignant·es-chercheur·euses pacifistes Irène Curie et Frédéric Joliot qui, avec leurs étudiant·es, luttèrent contre l'extrême droite et les nazis en participant notamment, armes à la main, à la libération de Paris en août 1944. De même, les écoles construites après la Seconde Guerre mondiale portent-elles les noms d'enseignantes communistes mortes en défendant la France contre les nazis : Danielle Casanova, résistante morte en déportation en 1943, et Suzanne Lannoy, professeure d'école normale, morte sous la torture, sans avoir parlé, en 1944 à Douai.

Parler du passé pour préparer l'avenir

Il est toujours bon que les jeunes générations sachent ce qui s'est passé sur leur territoire, plus encore aujourd'hui alors que le fascisme est à nos portes. Connaître le passé, c'est comprendre le présent. C'est toujours grâce à leurs luttes, à leur détermination, que les gens ont pu obtenir satisfaction, à l'exemple des congés payés obtenus en 1936 grâce aux grandes grèves du Front populaire, voici 90 ans cette année ! L'exemple de la mobilisation victorieuse des Avesnois·es en 1960 doit nous inspirer : le symbole est magnifique !

Qu'en est-il aujourd'hui de l'enseignement ? Nous assistons, atterrés, au démantèlement de l'école publique avec notamment des élèves et des enseignant·es maltraité·es, des suppressions de classes et de postes, des classes surchargées, des conditions d'enseignement dégradées, avec pour résultat l'effondrement de la France dans les classements internationaux, une gratuité qui n'en a plus que le nom et une école à deux vitesses.

Au niveau local, municipal, comme au niveau national et international, les communistes et leurs élu·es luttent et défendent un accès juste et universel à l'éducation, aux savoirs et à la culture. Dans un monde où la connaissance, la compétence et l'expérience sont les seuls gages de liberté et d'émancipation, comment comprendre que 211 milliards d'euros soient distribués sans contrôle aux très grandes entreprises, très généreuses avec leurs actionnaires, ou que des dizaines d'autres milliards soient destinés à l'armement quand on réduit les moyens de l'école publique ?

Nous, communistes, avec la population, revendiquons la gratuité réelle de l'école, avec des enseignant·es en nombre suffisant, bénéficiant d'une formation continue effective, pour un enseignement de qualité qu'il faut rendre attractif.

Nous, communistes, réclamons l'accès à l'université pour nos enfants, qui ne soit pas soumis à la sélection par l'argent ou par des algorithmes tels que Parcoursup. Une université dotée de moyens humains, matériels, financiers et de structures dignes de notre pays, de son histoire et de son ambition.

S'il y a 211 milliards distribués aux très grandes entreprises, s'il y a 80 milliards d'évasion fiscale, si l'on peut consacrer plus de 40 milliards à l'armement… Alors on peut investir les moyens nécessaires pour une école de qualité, où les élèves s'épanouissent, où les étudiant·es ne font pas la queue devant les distributions alimentaires !

Ouvrier métallurgiste, créateur de la Sécurité sociale, ministre communiste issu du Conseil national de la Résistance, Ambroise Croizat écrivait en 1945 : « Il n'est pas de politique efficace sans l'accompagnement d'un peuple vigilant. » Avec leur grève générale qui conduisit à l'obtention d'un collège, les Avesnois·es ont fort bien illustré cet adage.

Vive l'école publique, vive l'école de la République !